L'objectif général
de l'UMR est donc de promouvoir les recherches allant d'une meilleure
compréhension du système pathogène jusqu'à
l'évaluation des risques, pour proposer des méthodes de
prévention et de lutte adaptées aux contraintes des pays
en voie de développement.
Quatre grand thèmes de recherches regroupent les questions auxquelles
l’UMR se propose d’apporter des éléments de réponse.
Identification des vecteurs
et des agents pathogènes
-
quels outils (et quels concepts) faut-il développer
pour mieux appréhender la distribution, l'identification
fine des populations de vecteurs et de parasites ?
-
peut-on préciser le statut taxonomique des
trypanosomes pathogènes pour les hôtes mammifères ;
existe-t-il des variants plus ou moins pathogènes ?
-
les études de génétique des
populations basées sur l'enzymologie et/ou les marqueurs
moléculaires sont-elles capables de séparer avec certitude
les trypanosomes (T. brucei) susceptibles
d'infecter seulement l'animal de ceux susceptibles de passer chez
l'homme ?
-
toutes les glossines sont-elles potentiellement
vectrices ? Quels sont des facteurs intrinsèques ou
extrinsèques majeurs modifiant leur compétence et
leur capacité vectorielle ?
-
existe-t-il réellement des souches résistantes
aux traitements et peut-on les identifier avec de nouveaux
marqueurs?
Interrelations hôtes-vecteurs-parasites
-
quelles sont les conditions de transmission en relation
avec la biologie et l'écologie des vecteurs ?
-
quels sont les marqueurs biochimiques, génétiques
et immunologiques de la protection naturelle et de l'expression
clinique nécessaires à la définition des groupes
à risques ?
-
quelle est la spécificité d'hôtes
des différentes entités taxonomiques de parasites
vis-à-vis des différentes espèces de glossines ?
-
quel est le niveau de compétition inter et
intra spécifique des trypanosomes chez le vecteur et le réservoir
animal ?
-
comment évaluer la circulation de souches
résistantes aux médicaments et quel est le risque
de propagation ?
-
quelle est la nature et l'importance des réservoirs
animaux de trypanosomes pathogènes pour l'homme et le bétail,
pouvant disséminer la maladie et l'entretenir à bas
bruit ?
-
pourquoi si peu de glossines infectées et
autant de malades dans les foyers actifs de THA ?
-
comment résoudre le problème de sensibilité
du diagnostic ?
-
quelle est l'importance de la transmission mécanique
par des glossines ou d'autres insectes piqueurs ?
-
comment améliorer le dépistage et
le diagnostic ; quelles techniques, quels protocoles à
utiliser ou à améliorer ?
Gestion de l'espace à risque
-
comment identifier les facteurs de risque et les
espaces à risques ?
-
quels sont les facteurs de présence des vecteurs
et les facteurs de rencontre vecteur/homme et vecteur/bétail
?
-
peut-on définir des indicateurs pertinents
pour prévenir l'apparition des endémies ou délimiter
les zones à risques quand l'endémie est déjà
installée ?
-
quelle priorisation des zones d'intervention ?
Elaboration et applicabilité des
méthodes préventives et curatives
- quels nouveaux agents de lutte (insecticides, médicaments,
vaccins, substances naturelles) et quelles méthodes de lutte
physiques (piégeage) sont à développer ou à
améliorer ?
- peut on identifier de nouveaux attractifs pour certaines
espèces de glossines?
-
quelles stratégies d'intervention durables
proposer, assurant le meilleur rapport coût/efficacité
acceptable pour les populations ?
-
quels protocoles appliquer pour prévenir
l'épidémisation ou, au moins,la contrôler ?
-
comment intégrer la lutte contre la trypanosomose
humaine et celle contre les trypanosomoses animales ?
-
à quel niveau ramener les densités
de glossines, et pendant combien de temps, pour observer une chute
de la prévalence chez l'homme et le bétail ?
-
peut-on espérer l'arrivée rapide de
vaccins (antiparasite, anti-effets pathogènes du parasite,
anti-glossine) ?
 Nouvelles stratégies,
nouveaux concepts, nouveaux outils : la réponse à ces
questions viendra certainement d'une approche multidisciplinaire, où
les trois acteurs du système pathogène (vecteurs/ parasites/
hôtes) seront étudiés simultanément, en liaison
avec les facteurs environnementaux et socio-économiques. "L'approche
terrain" dominante et obligatoire recevra en permanence l'appui indispensable
des laboratoires équipés du Nord et du Sud, un échange
constant permettant à des disciplines diverses d'apporter leur
expertise particulière et indispensable. L'emploi des outils
classiques du parasitologiste, de l'entomologiste, du médecin,
du vétérinaire, de l'épidémiologiste sera
associé aux techniques les plus performantes de la biologie moléculaire,
aux systèmes les plus récents du traitement de l'information
géographique. L'amélioration des techniques de laboratoire
et d'enquêtes au sol, le géoréférencement
des données, les capacités nouvelles de collecte, de stockage,
d'analyse et de représentation des données multivariées,
associées aux performances de l'imagerie satellitaire à
haute résolution et des SIG, constituent des outils nouveaux
de compréhension des causes de présence des parasites
et de leur vecteurs, de leur extension ou de leur régression,
de leurs relations complexes avec l'homme, le bétail et la faune
sauvage. Une telle approche globale du risque parasitaire, entamée
récemment par le CIRAD, en collaboration avec l'IRD, dans une
zone agro-pastorale du Burkina Faso a permis d'appréhender précisément
les zones à risques et a montré que : "La vision
dynamique des milieux naturels ou/et anthropisés a apporté
des éléments de compréhension du fonctionnement
de cette maladie parasitaire, montrant l'intérêt de la
transversalité des compétences dans la connaissance de
ces systèmes éco-socio-pathogènes".
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