Les trypanosomoses sont des maladies parasitaires dues à des
protozoaires flagellés du genre Trypanosoma.
La transmission à homme et au bétail, est assurée
par un insecte hématophage, la glossine ou mouche tsé-tsé,
chez lequel le parasite accomplit une évolution cyclique plus
ou moins complexe avant d'être à nouveau transmis.
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Comme dans toute maladie
à transmission vectorielle, l'implication des trois acteurs
- parasite, vecteur, mammifère - complique la compréhension
des différents faciès épidémiologiques
et rend difficile les campagnes de lutte.
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Depuis un siècle,
les trypanosomoses africaines sont étudiées de manière
approfondie. Les recherches ont permis de mieux comprendre les schémas
épidémiologiques et de mettre au point des méthodes
de lutte.
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Comment comprendre alors
qu'à l'aube du XXIème siècle,
nous soyons encore confrontés à ces endémies,
fléaux sanitaires et freins au développement économique ?
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Pendant l'époque
coloniale, compte tenu de l'ampleur du fléau, des résultats
spectaculaires ont été obtenus, en Afrique occidentale
et en Afrique centrale, essentiellement par prospections médicales,
complétées par la prophylaxie agronomique ; leur
rendement dans l'assainissement du réservoir humain suffisait,
apparemment, à résoudre le problème de la THA,
dans l'aire de Trypanosoma brucei gambiense.
Depuis les indépendances des états africains, la spectaculaire
reprise de la THA, doit être imputée, à la fois,
à l'arrêt des prospections médicales systématiques
et au fait que ces états se sont limités à faire
du dépistage passif avec un personnel peu spécialisé
et de plus en plus démotivé ?
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Depuis une vingtaine
d'années, sous l'effet conjugué de la sécheresse,
de l'évolution démographique et de la maîtrise
de certaines contraintes, les populations humaines occupent de plus
en plus de milieux et d'espaces, autrefois marginaux, pour y développer
des activités agricoles, dont l'élevage. Les grands
troupeaux de bétail pénètrent dans ces zones,
temporairement dans un premier temps, puis souvent de façon
définitive dans le cadre d'une logique de "fronts pionniers"
qui souvent évoluent vers des associations stables agriculture-élevage.
Cette translation des activités pastorales associée
à une sédentarisation croissante des hommes et des troupeaux
va de pair avec une confrontation accrue entre le bétail et
les maladies parasitaires, particulièrement celles comme la
TAA transmises par des vecteurs, avec des conséquences économiques
et sociales considérables.
Mais d'autres
facteurs d'importance non négligeable peuvent aussi être
invoqués pour expliquer la pérennisation de ces endémies :
dégradation des conditions
de vie et de production dans le Sahel, avec une pression démographique
et des événements politiques ayant accentué
un glissement de l'élevage vers les zones humides ;
mouvements et déplacements
de populations de plus en plus importants et non planifiés,
des zones sahéliennes vers les zones plus humides ;
fin de l'immobilisme qui caractérisait
autrefois la vie sociale et économique africaine ;
concentration péri urbaine
;
explosion démographique galopante,
associée à un accroissement du cheptel incontrôlé
et incontrôlable ;
contact des hommes et de leurs animaux
avec les glossines devenu inévitable ;
démobilisation des populations
peu "contraintes" à se présenter aux contrôles
médicaux ;
méconnaissance, de la part
des pouvoirs publiques, de ces populations et de leur localisation
;
crainte d'un traitement dangereux,
entraînant des dépenses pour les familles ;
absence de médicaments de remplacement
pour pallier les pénuries induites par la non rentabilité
des produits existant ;
absence de volonté politique
pour lettre en place des systèmes de lutte intégrée.
A cela s'ajoutent des faits scientifiques :
nombreuses inconnues dans le cycle du parasite
notamment au niveau de la faune sauvage et domestique ; qui
sont et où sont les réservoirs ?
variabilité génétique
du parasite, induisant une réponse incertaine, peu fiable,
aux tests de dépistage et une pathogénicité
variable selon les individus ;
réactions croisées entre
trypanosomes humains et trypanosomes animaux ;
variabilité génétique
des glossines et modification de leur comportement en relation
avec la transformation des écosystèmes ;
résistance de plus en plus
évidente du trypanosome aux médicaments couramment
employés ;
évolution incontrôlée
des comportements de l'homme dans l'espace induisant des modifications
importantes dans les schémas épidémiologiques
et un risque de plus en plus fort dans certaines régions
autrefois relativement protégées.
Enfin, des ignorances sur plusieurs sujets de première importance
subsistent :
sur les sites de transmission de la maladie
encore inconnus dans la plupart des situations endémiques
de THA ;
sur la perception traditionnelle de
la maladie et le comportement des populations ;
sur les protocoles de lutte à appliquer
pour pallier les problèmes logistiques et financiers ;
sur la circulation des souches résistantes
aux traitements.