OCEAC, Yaoundé, CamerounInstitut de recherche pour le développement
F11 >> plein écran
 


UMR 035 IRD/CIRAD

Un siècle de lutte ! ... mais la Maladie du Sommeil reste toujours un problème préoccupant en Afrique intertropicale et demeure une endémie prioritaire pour l'OMS.

Sur près de 7 millions de kilomètres carrés infestés par les glossines, ou mouches tsé-tsé, vecteurs cycliques de la maladie, plus de 50 millions de personnes vivent dans environ 200 foyers recensés, où elles sont exposées au risque de la Maladie du Sommeil. Chaque année, plus de 100.000 cas sont recensés ; aux dernières estimations entre 300.000 à 500.000 personnes seraient porteuses de trypanosomes. Les crises économiques successives et les perturbations politiques ont entraîné l'arrêt complet des prospections médicales ; elles ont également provoqué un exode massif de populations de toutes origines hors ou vers des zones infestées de glossines. Ces migrants ont contribué à disséminer la maladie ou bien ont été des proies faciles car fragiles. Aujourd'hui, toutes les statistiques sont contestables car il n'y a plus aucune surveillance. Un seul fait est sûr : la Maladie du Sommeil est redevenue une calamité comme durant les pandémies du début du XXème siècle.

Les trypanosomoses animales (ou Nagana), existant sur tous les continents, représentent la première maladie à transmission vectorielle chez le bétail en Afrique subsaharienne et constituent encore de nos jours un obstacle majeur au développement de l'élevage dans cette région.

Expertises et études prévisionnelles montrent que l'élevage des bovins au sud du Sahara devrait, et pourrait, s'accroître en zones sub-humides et humides. Mais, dans celles-ci, les trypanosomoses constituent un frein majeur puisque le déficit annuel de productivité représente 1 million de tonnes de viande et 1,6 millions de tonnes de lait. En l'absence de glossines, le cheptel bovin pourrait être accru de 33 millions de têtes. Les pertes directes par mortalité sont aggravées par les pertes indirectes (amaigrissement, morbidité, avortement) souvent difficiles à quantifier.

Selon la Banque Mondiale, les pertes de revenus en agriculture varient entre 800 et 1600 millions de dollars US selon le degré d'impact des trypanosomoses. Evidemment ces pertes sous-entendent une réduction des protéines alimentaires disponibles pour l'homme et la diminution de l'indépendance économique pour les Etats concernés

Ces constats et la rareté actuelle des équipes françaises travaillant sur les trypanosomes africains, ont conduit à proposer un regroupement, au sein d'une Unité Mixte de Recherches, des équipes de l'IRD et du CIRAD-EMVT concernées par cette thématique.

Compte tenu de la spécificité de l'IRD/Santé et du CIRAD/EMVT - promotion de la recherche pour le développement en zone tropicale - la majeure partie des effectifs des deux instituts exercent sur le continent africain ; tandis que les centres métropolitains fonctionnent essentiellement comme bases d'appui. La coopération instituée entre les deux organismes concerne les implantations métropolitaines et tropicales.

Le maintien de la spécificité de chaque Institut - santé humaine et élevage - permet d'accroître considérablement les potentialités en matière de recherche et de lutte contre les trypanosomoses.

Suite

Haut de la page