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Un
siècle de lutte ! ... mais la Maladie du
Sommeil reste toujours un problème préoccupant
en Afrique intertropicale et demeure une endémie
prioritaire pour l'OMS.
Sur près de 7 millions de kilomètres
carrés infestés par les glossines, ou mouches tsé-tsé,
vecteurs cycliques de la maladie, plus de 50 millions de personnes
vivent dans environ 200 foyers recensés, où elles
sont exposées au risque de la Maladie du Sommeil. Chaque
année, plus de 100.000 cas sont recensés ; aux dernières
estimations entre 300.000 à 500.000 personnes seraient
porteuses de trypanosomes. Les crises économiques successives
et les perturbations politiques ont entraîné l'arrêt
complet des prospections médicales ; elles ont également
provoqué un exode massif de populations de toutes origines
hors ou vers des zones infestées de glossines. Ces migrants
ont contribué à disséminer la maladie ou
bien ont été des proies faciles car fragiles. Aujourd'hui,
toutes les statistiques sont contestables car il n'y a plus aucune
surveillance. Un seul fait est sûr : la Maladie du Sommeil
est redevenue une calamité comme durant les pandémies
du début du XXème siècle.
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Les trypanosomoses
animales (ou Nagana), existant sur tous
les continents, représentent la première maladie à
transmission vectorielle chez le bétail en Afrique subsaharienne
et constituent encore de nos jours un obstacle majeur au développement
de l'élevage dans cette région.
Expertises et études prévisionnelles montrent
que l'élevage des bovins au sud du Sahara devrait, et
pourrait, s'accroître en zones sub-humides et humides.
Mais, dans celles-ci, les trypanosomoses constituent un frein
majeur puisque le déficit annuel de productivité
représente 1 million de tonnes de viande et 1,6 millions
de tonnes de lait. En l'absence de glossines, le cheptel bovin
pourrait être accru de 33 millions de têtes. Les
pertes directes par mortalité sont aggravées par
les pertes indirectes (amaigrissement, morbidité, avortement)
souvent difficiles à quantifier.
Selon la Banque Mondiale,
les pertes de revenus en agriculture varient entre 800 et
1600 millions de dollars US selon le degré d'impact des trypanosomoses.
Evidemment ces pertes sous-entendent une réduction des protéines
alimentaires disponibles pour l'homme et la diminution de
l'indépendance économique pour les Etats concernés
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Ces constats et
la rareté actuelle des équipes françaises travaillant
sur les trypanosomes africains, ont conduit à proposer un regroupement,
au sein d'une Unité Mixte de Recherches, des équipes de
l'IRD et du CIRAD-EMVT concernées par cette thématique.
Compte tenu de
la spécificité de l'IRD/Santé et du CIRAD/EMVT
- promotion de la recherche pour le développement en zone tropicale
- la majeure partie des effectifs des deux instituts exercent sur le
continent africain ; tandis que les centres métropolitains fonctionnent
essentiellement comme bases d'appui. La coopération instituée
entre les deux organismes concerne les implantations métropolitaines
et tropicales.
Le maintien de
la spécificité de chaque Institut - santé humaine
et élevage - permet d'accroître considérablement
les potentialités en matière de recherche et de lutte
contre les trypanosomoses.
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