Perspectives
 

La recherche a depuis longtemps apporté les moyens de lutter contre la THA. Elle continue aujourd'hui à l'OCEAC, l'un des deux derniers centre du Sud (avec l'Institut Pierre Richet en Côte d'Ivoire).

Personne ne peut prétendre que les techniques disponibles sont parfaites ; mais on pourrait déjà, si on le voulait, intervenir rapidement et efficacement. Or la politique des décideurs est telle que non seulement aucune campagne intégrée n'est mise en place, mais, plus encore, les chercheurs sur la "Trypano" trouvent difficilement des bailleurs de fonds - excepté l'IRD -.

Souhaitons que cela soit une crise passagère. Mais les années passent, le nombre de spécialistes - notamment "glossinologistes" de terrain - est réduit à la portion congrue. Retraite, décès, reconversions, pas de recrutement dans les Etats, la profession disparaît !

L'année 2001 aura été marquée par l'offre spectaculaire du Groupe Aventis (25 millions de dollars US) pour la redynamisation des programmes nationaux de lutte, la relance de la fabrication de médicaments spécifiques et leur distribution gratuite aux Etats.

Ceci représente une opportunité inespérée pour les malades et les Programmes nationaux

Cependant ce ne sera pas suffisant pour juguler l'endémie. Tant que l'on diagnostiquera des malades - pour les traiter - en laissant le vecteur, poursuivre la transmission du trypanosome à partir des sommeilleux non identifiés et surtout à partir du réservoir animal (sauvage et domestique), on ne pourra prétendre avoir maîtrisé la "Trypano".

Il s'agit aujourd'hui de diffuser les conceptions "normales" de la lutte contre la THA, vaincre les réticences - voire l'opposition - de quelques décideurs et proposer des protocoles réalistes. Il faut maintenant préparer les Etats à "l'après Aventis".

2001 aura vu l'intégration de l'OCEAC dans la CEMAC (Communauté économique et monétaire des Etats d'Afrique centrale), ce qui confèrera à l'Organisation un statut lui permettant de jouer le rôle qu'elle avait perdu depuis quelques années : celui de centre de référence en matière de recherche, de lutte et de formation.

Elle pourra jouer ce rôle d'autant mieux que les Etats membres de l'OCEAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, RCA, Tchad) auxquels se sont joints l'Angola et la RDC, ont lancé une initiative de lutte contre la THA dans la sous-région (Bangui, le 23 novembre 2001).

Sous l'impulsion du Bureau Régional de l'OMS pour l'Afrique, les Etats ont exprimé leur volonté d'une coopération internationale pour engager la lutte en prenant en compte les différentes activités sur lesquelles le LRT a travaillé depuis plusieurs années :

  • Dépistage, diagnostic et surveillance épidémiologique ;
  • Prise en charge thérapeutique et suivi post-traitement appropriés ;
  • Lutte antivectorielle ;
  • Mobilisation sociale ;

Sans oublier la promotion de la recherche opérationnelle.

Mais pour devenir institut de référence en matière de lutte contre la THA, l'OCEAC doit pouvoir s'en donner les moyens.

Le prochain départ du dernier entomologiste médical devra être compensé par le recrutement d'un remplaçant. L'absence de médecin parasitologiste devra elle aussi trouver une solution.

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Compte tenu de l'importance du volet formation que l'OCEAC devra assurer, il faudrait pouvoir délocaliser le laboratoire. Le Cameroun, autrefois pays le plus touché par l'endémie sommeilleuse, ne recense annuellement que quelques rares malades : si cette "apparente" régression représente, pour le pays, un avantage en matière de santé publique, elle réduit les possibilités d'avancées spectaculaires en matière de recherche et particulièrement en recherche opérationnelle.

Si les responsables des Programmes nationaux doivent être formés sur la lutte intégrée, il faudrait que cette formation ait lieu dans un pays hyper-endémique comme le Congo. On y retrouve la plupart des faciès épidémiologiques de la sous-région et sa position centrale faciliterait les échanges avec les représentants des pays voisins.

La délocalisation au Congo devrait permettre :

  • de maintenir en Afrique centrale un pôle scientifique de référence sur la Trypanosomiase humaine ;
  • d'améliorer les connaissances sur l'endémie ;
  • de former à la recherche par la recherche des étudiants et des chercheurs de la sous-région ;
  • de former le personnel des équipes nationales de lutte et de les initier à la lutte, sur le terrain ;
  • de créer un modèle de campagne applicable en Afrique centrale.

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